Comment agir avec son ado ? (Leçons tirées du livre « On ne se comprend plus » d’Isabelle Filliozat)

Chaque étape de la vie de notre enfant apporte son lot de surprises et de soucis. Cela nous permet d’apprendre davantage sur nous et sur nos enfants. 

Entre 11 et 17 ans, notre enfant vit une période qui génère de nombreux changements : dans le corps, dans le cœur, dans les priorités, dans l’amour, dans les facultés, dans l’engagement social ou encore dans les émotions. C’est une phase qui nous inquiète car les dangers guettent : alcool, sexe, drogue, vitesse sur la route, pression sociale, mauvaises fréquentations, harcèlement etc.

Dans cette période délicate de l’adolescence, nos ados ont besoin de nous, à leur côté et non en tant qu’adversaire.

L’adolescent(e) n’est plus un bébé

Les années consacrées à soigner, s’occuper, changer, préparer notre enfant sont révolues. Cette période où ce petit bébé nous cherchait toute la journée et où nous nous sentions essentielles est terminée. Maintenant, il (ou elle) est devenu grand(e) et cherche son indépendance.

Le deuil est dur mais il n’est pas nécessaire d’être défaitiste car la relation avec notre « grand » enfant reste indispensable. Si nous mettons en place des temps d’intimité avec eux, durant lesquels nous discutons, jouons aux jeux de société ou tout simplement restons ensemble sans prévoir d’activités, nous pourrons combler ce besoin de contact et d’amour.

 Une période de « chantier »

Notre ado vit une poussée de croissance sur deux années. On voit ses pieds s’allonger, son nez, ses bras, puis ses membres et son tronc. Sa peau devient épaisse, les cheveux sont plus gras, les poils poussent, l’acné fait son apparition, la transpiration est abondante et sa voix mue.

Son cerveau, lui, est en complet réaménagement. Ses interactions avec son environnement vont façonner le réseautage de son cerveau. Parfois, des blessures anciennes de son enfance sont réactivées et bien qu’elles soient inconscientes, elles font émerger des sentiments douloureux que l’adolescent ne comprend pas.

La maturation du cerveau de l’être humain débute au stade prénatal (dans le ventre de la maman) et ne s’achève qu’à la fin de l’adolescence. Cette évolution se fait de l’arrière du cerveau (qui contrôle les mouvements et les sensations) vers l’avant. Les zones préfrontales, qui gèrent l’organisation, les impulsions et l’anticipation seront totalement matures autour de vingt -cinq ans.

C’est à cause de ce cerveau en plein « chantier » que freiner ses impulsions lui demande plus d’efforts que pour un adulte ou un enfant plus jeune. Notre rôle de parent est de l’épauler et de lui fournir les matières nécessaires à la bonne construction de ses circuits neuronaux.

Vouloir être accepté par les autres

Étant donné que son cortex préfrontal est encore immature, l’adolescent ne supporte pas les humiliations. Le rejet d’un groupe ou le rejet de ses amis déclenche une douleur similaire à celle d’une blessure physique.Assurer son statut social devient à ses yeux une nécessité. Il cherche donc à se conformer au code d’un groupe et faire ce que le leader a décidé. Cet état d’esprit est la raison pour laquelle le harcèlement est le plus fréquent dans les années collèges.

Durant cette période de mue, il est capable de commettre des imprudences pour se faire accepter. Pour combler son besoin de rencontre et d’appartenance à un groupe, nous pouvons l’inciter à participer à des actions sociales et solidaires ou encore à fonder un groupe avec des jeunes dans une activité qu’il apprécie. Se savoir engagé le permet de renforcer son sentiment d’identité.

Le smartphone et les jeux vidéo

Malheureusement, les enfants reçoivent de plus en plus tôt des téléphones portables. Les avis des experts sont divergents à ce sujet : certains vous déconseillent de donner aux enfants un portable (ondes, addiction, nudité, communication avec des étrangers, etc.) tandis que d’autres considèrent cela utile (statut social, source de connaissance, responsabilisation, etc.). Quoi qu’il en soit, c’est aux parents d’en décider et de prendre les précautions qu’ils jugent nécessaires pour protéger leur progéniture, avec ou sans portable. Un jeune homme ou une jeune fille considère son smartphone comme un moyen de se rendre plus important et d’être en lien avec les autres si bien qu’il en est scotché toute la journée (et la nuit).

Pourtant les risques sont bien réels, autant pour les jeunes que les adultes : les ondes dégagées par le smartphone, la pollution magnétique, la lumière bleue et le danger pour les organes sexuels quand on le met dans sa poche.

Pour pallier à cet excès, rien de plus efficace que de mettre en place une charte : pas de téléphone à table, ni quand on est en famille dans le salon. Temps limité pour les jeux vidéos. Extinction des appareils à 21h et pas de téléphone ni de tablette dans la chambre la nuit. Bien sûr, si les parents donnent le bon exemple, les enfants suivront.

Le danger des réseaux sociaux

Un élève sur cinq est victime de la cyberviolence. Avec les nouveaux outils numériques et les réseaux sociaux, les jeunes s’expriment sans retenues et disent des choses qu’ils n’oseraient jamais dire à haute voix.

Pour assurer sa sécurité, il est primordial pour un parent d’être au courant des agissements de son enfant dans le monde virtuel exactement comme il l’est dans le monde réel. Avoir accès à ses comptes Facebook, Instagram, etc. est un moyen de rester connecter à l’évolution de son enfant, surtout lorsque l’on sait qu’internet est plein de personnes malveillantes. Le but n’est pas de l’espionner mais d’avoir une présence bienveillante qui pourra détecter des anomalies.

Cependant, un contrôle parental ou un accès aux comptes peut être utile mais ce n’est pas suffisant. Il est essentiel de les initier à la citoyenneté numérique  :  prévenir nos enfants des risque potentiels (santé, addiction, troubles de la vue) et les informer sur les droits à l’image, les personnes malveillantes, les fausses informations, le harcèlement, les spams, les virus, les conservations de données, la vie privée, le pistage, les sites non sécurisés, etc.

Le harcèlement

Le harcèlement est une exclusion d’un groupe où les membres s’acharnent sur une victime. Les témoins sont paralysés, tandis que le bourreau est prisonnier de son agressivité car il ne veut pas être humilié. Chaque acteur de ce groupe est pris dans un engrenage et très souvent, seule l’aide d’un adulte peut les aider à s’en sortir. Lorsque les jeunes prennent conscience de la situation, ils le regrettent amèrement. Le meilleur remède pour prévenir le harcèlement est d’en parler avec nos jeunes.

La sexualité

Les ados ont besoin d’informations sur les émotions, le désir, l’amour et le sexe. Quand en parler ? Selon les situations ou les questions qu’ils nous posent.

Les ados croient souvent qu’ils sont amoureux juste parce qu’ils ressentent un désir. L’important c’est qu’il ou elle se sent suffisamment en confiance pour en parler avec nous. De plus, nous pouvons installer un contrôle parental sur tous les outils électroniques pour éviter que nos enfants tombent sur la pornographie du web. Ces images ne représentent pas la réalité des relations intimes dans l’amour et le respect. Fournissons-leur des informations correctes et cohérentes.

Les douleurs de croissance

Elles surviennent en général entre 6 et 14 ans. Le soir principalement, les enfants se plaignent de douleurs semblables à des crampes ou à des brûlures intérieures au niveau des jambes, du milieu de la cuisse et du tibia.

Un petit massage bienveillant ne pourra que les soulager et grandement les réconforter. Si nécessaire et avec avis médical, des anti-douleurs pourront aussi les aider.

Comment aider notre adolescent dans cette période de chamboulements ?

  • En remplissant son réservoir d’amour :  jouer avec lui (ou elle), réduit considérablement son stress, ce qui lui permet de mieux faire face aux difficultés de la vie.
  • En lui montrant l’exemple : Chaque moment est une opportunité pour enseigner à notre jeunesse comment gérer son stress et réguler ses ardeurs.
  • En l’écoutant : Même si notre enfant nous parle d’un problème, notre rôle n’est pas forcément de chercher une solution pour lui, mais d’être une oreille attentive et compatissante.
  • En dialoguant avec lui : Parfois, en plus d’être écouté, l’ado a besoin de discuter avec ses parents. Parlons de tous les sujets, et posons des questions ouvertes comme « Qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce que tu as appris de cette expérience ? »

« L’éducation est avant tout une relation. De l’agressivité aux mauvais résultats scolaires, une mauvaise relation entraînent toutes sortes de symptômes. Une bonne relation permet en revanche de faire face aux difficultés et de surmonter ensemble, les obstacles ».

Isabelle Filliozat
Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 1
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Tu es libre de recevoir gratuitement le livre

 "Devenir une maman organisée en 10 étapes"