Comment gérer un enfant têtu et agressif ?

Coucou les mums !

Voici un sujet qui va intéresser beaucoup d’entre nous : L’enfant têtu, agressif.

Notre petit chou qui jusqu’à maintenant se contentait de faire quelques bêtises, commence à « marquer son territoire ». Ce n’est pas évident pour nous parents de gérer cette étape de leur vie.

J’ai eu le privilège d’interviewer à ce sujet Katija Alloucha, conseillère conjugale et familiale. En plus de ses consultations, Katija anime des ateliers vraiment intéressants pour les enfants de tout âge. Elle nous a donc un peu plus éclairées à ce sujet et j’espère que cela apportera des solutions et des réponses à toutes les mamans inquiètes. De mon côté, cela a été très enrichissant !

Je me permets de vous proposer dans les lignes qui vont suivre l’échange que j’ai eu avec elle.

Pourquoi un enfant devient têtu ou agressif ?

Il est NORMAL qu’un enfant de 2 à 4 ans soit têtu, parfois même depuis un an et demi. Si l’enfant à cette période-là n’est pas têtu, il faut s’inquiéter car cela fait partie du développement naturel de l’enfant.

La solution c’est de savoir gérer cette période qui n’est généralement que passagère et non définitive.

Le problème, c’est que certains parents gèrent cette période à merveille et après quatre ans, le problème est réglé. Mais d’autres malheureusement la gèrent moins bien et l’enfant se révolte et n’écoute pas. Résultat, la situation s’aggrave au lieu de s’améliorer. Un enfant qui commence à être têtu peut devenir agressif car il se sent très souvent incompris. La gestion de cette phase de développement de notre boutchou est donc primordiale !

Est-ce que tous les enfants entre 2 et 4 ans ont ce comportement ?

Oui, tous les enfants de cette tranche d’âge agissent ainsi, sinon c’est inquiétant. Le psychologue avec lequel j’ai fait ma formation a dit que si l’enfant de 2 à 4 ans n’a pas ce comportement, il faut consulter un psychologue. Car l’enfant dans cette période réclame son autonomie, veut faire les choses tous seul : “Je suis capable”. Il découvre qu’il a des capacités et des compétences. C’est pour cela qu’il réagit de cette façon. Il dit « laisse-moi faire les choses ! »

Quel problème pourrait avoir un enfant de 2 à 4 ans qui n’est pas têtu ?

C’est un enfant qui n’a pas confiance en lui, dont la personnalité est déjà effacée. Cela peut être dû à la violence ; des parents violents, qui frappent, qui punissent, ou qui ont des problèmes de couple et se disputent devant lui. Il ne cherche alors que la paix et il reste dans son coin, ne demande rien, ne réclame rien. Cela est très inquiétant.

Comment réagir face à l’enfant têtu ou agressif ?

La première chose, c’est de rester calme et zen. Certains parents vont dire à leur enfant « Je t’ai dit de ne pas crier ! » alors qu’ils sont eux-mêmes en train de crier. D’autres sont plus têtus que leurs enfants « on va voir qui va gagner ! ».

Bien sûr, ce qui fonctionne, de ma propre expérience, c’est de prendre l’enfant dans ses bras, le rassurer pour lui montrer que tout va bien. Il a besoin d’un câlin et d’être rassuré.  Il faut voir la source de cette frustration et l’éviter dans le futur. Pourquoi réagit-il ainsi ? Est-ce parce que je l’ai réveillé ? Il n’a pas fini sa sieste ? Je ne l’ai pas écouté ? Je n’ai pas joué avec lui ? Chercher la raison et l’éviter.

Que doit-on éviter de faire ?

Ne surtout pas comparer l’enfant, ne pas le critiquer. La critique, malheureusement tue la confiance en soi. On le remarque beaucoup dans les ateliers, quand on demande à un enfant ou à un adolescent quelles sont ses qualités, il ne comprend même pas la question.

Il demande : – ça veut dire quoi madame ?  – Ce sont des choses que tu sais faire.

Et si tu leur demande leurs défauts, ils auront toute une liste : Je n’écoute pas, je suis têtu, je ne range pas ma chambre, je réponds, je parle mal, je ne fais pas mes devoirs, je ne suis pas un enfant intelligent, etc. Nous devenons des parents négatifs en critiquant tout le temps, et cela tue la confiance en soi de nos enfants.

Il ne faut pas frapper l’enfant bien sûr, ne pas le punir, ne pas se moquer de lui, ni le critiquer, le blâmer ou crier sur lui. Il n’y a rien de pire que de crier sur un enfant.

Combien de temps minimum un parent devrait accorder à son enfant dans une journée ?

Le strict minimum c’est 20/25 minutes pour l’enfant. Un moment pour l’enfant pour l’écouter ou jouer avec lui. Ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité. Comme un ado me disait « Quand mon papa arrive et ouvre la porte j’ai mal au cœur. Les ordres vont commencer, les menaces et les problèmes vont commencer. J’aime trop quand il tarde la nuit et qu’il ne rentre pas ».

Parfois les mamans sont à la maison mais elles n’ont pas de temps pour leurs enfants.

Un enfant de 2 ans comprend-il la critique ?

Quand on lui crie « Pourquoi tu as fait ça ? », il le comprend très bien. Le pire c’est de le frapper en lui disant « Ne frappe pas ».

L’enfant va très bien comprendre la critique quand on lui dira à chaque fois « Non pas comme ci, non pas comme ça ! ». L’enfant pense alors qu’il ne sait rien faire, que tout ce qu’il fait n’est pas bien. Nous devons au contraire détourner son attention et surtout nous concentrer sur ce qu’il fait de bien, l’encourager et l’applaudir.

Quand l’enfant fait une bêtise, ne faut-il pas lui dire que « Ce n’est pas bien ? »

Quand tu dis à un enfant « Ne fais pas cela », il est prouvé scientifiquement qu’il va le faire à coup sûr. C’est comme si qu’on attire son regard, son attention sur cette interdiction. Le mal est clair et le bien est clair.

Je dois l’amener doucement ou détourner son attention, mais ne pas en faire toute une histoire. Certains parents vont mal réagir, et l’enfant se dira pourquoi réagit-ils comme cela ? Est-ce quelque chose d’important ? de grave ? de bien ? Il ne comprend pas. Si on le détourne tout doucement, il va oublier. C’est la réaction (exagérée) du parent qui attire l’attention de l’enfant et qui fait qu’il ne l’oublie pas.

Nous devons travailler sur notre façon de réagir.

Combien de temps cela prend-il pour aider un enfant à se canaliser définitivement ?

Cela dépend des parents, de leur façon de se comporter avec l’enfant. Le travail est d’abord sur les parents. Cela peut se régler très rapidement ou prendre beaucoup de temps surtout avec les parents qui sont têtus, qui vont aggraver les choses, qui parlent mal à l’enfant et qui critiquent tout le temps.

80% de la solution pour gérer un enfant têtu, c’est de prendre conscience que c’est une phase normale.

Si l’enfant a un comportement bizarre, il ne faut pas le réprimander car plus on insiste, plus cela va devenir un comportement (permanent) dans le futur. Petit, il essaie des choses juste par plaisir, même si ce n’est pas bien, juste pour regarder, car il ne fait pas la différence entre ce qui est bien ou mal. C’est une période qui va passer.

Quelle sont les solutions pour un enfant têtu ou agressif ?

  • Proposer aux enfant violents, agressifs et têtus des activités sportives. Un enfant têtu a besoin d’un ami, pas d’un ennemi, car parfois on devient les ennemis de nos enfants.
  • Communiquer avec l’enfant, surtout après quatre ans : Qu’est-ce qui te dérange ? Qu’est-ce qui ne vas pas ?
  • Se concentrer sur les qualités de l’enfant et pas sur ses défauts.
  •  Toujours lui donner le choix.
  • On ne dira pas « Est-ce que tu veux manger ? » mais « Est-ce que tu veux manger ça ou ça ? ». Ne pas lui donner la chance de dire non. « Est-ce que tu veux sortir tout de suite ou après ? » « Est-ce que tu veux mettre ce vêtement-ci ou celui-là ? ». Si tu lui donnes la chance de dire non, c’est sûr qu’il va le dire.
  • Ne jamais entrer en confrontation avec l’enfant.
  • Quand l’enfant a un bon comportement, le féliciter. Dans les consultations, un enfant me disait « Je vous promet madame, j’ai fait un gros effort mais ils ne le remarquent jamais ! Ce n’est que quand je vais faire des bêtises, quand j’ai un mot dans mon cahier qu’ils vont le voir ».
  • Rester des parents positifs : « Je suis fière de toi, je t’aime trop fort, j’ai la chance d’avoir un enfant, je suis là pour t’écouter, je m’excuse si parfois j’ai un mauvais comportement, j’aime bien regarder quand tu joues, j’aime bien jouer avec toi, etc. » L’enfant en a besoin.
  • Partager des moments calmes, des jeux en familles, des choses très simples comme jouer à la voiture, jouer à la balle.
  • La respiration et la méthode des 3 C (concentration, calme et contrôle) fonctionnent très bien avec les enfants agressifs, têtus ou stressés.

En quoi consiste la méthode des 3 C (concentration, calme et contrôle) ?

 Il y a des formations à ce sujet. Cette méthode a été inventée par une infirmière dans le but d’aider les enfants et les ados à gérer le stress.

Ce sont des petites activités où l’enfant, par exemple, s’assoit ou s’allonge, pense à de bonnes choses, se concentre sur sa respiration. On peut trouver des vidéos sur internet mais il est mieux de faire une formation auprès des professionnels.

Pour le petit, on lui dit « Fais comme moi et respire » car à cet âge ils aiment beaucoup imiter leurs parents. J’ai des cas d’enfants qui ont eu un choc, qui arrivent à faire l’exercice de respiration tous les jours pendant 3 minutes.

Apprendre l’enfant à gérer ses émotions

Autre chose très importante, il faut apprendre à l’enfant comment gérer ses émotions et à dire quand ça ne va pas. Il apprend par exemple « Quand je suis en colère ou stressé, je fais quelque chose que j’aime ». Je fais ça dans les ateliers : l’enfant s’allonge ou part dans sa chambre se reposer, lire, faire du coloriage, dessiner etc. Même à l’âge de 2 ans, on peut lui montrer l’image d’une personne heureuse et celle d’une personne triste, et lui demander en lui montrant l’image avec le doigt : “Comment tu te sens ? Est-ce que tu es comme celui qui est content ou comme celui qui est triste ?”. On lui enseigne ainsi ce que signifie les émotions. Avec notre propre visage, on peut aussi l’expliquer les émotions : « quand mon visage est de cette façon, c’est la colère ; quand je rie, c’est la joie ; quand mon cœur bat vite, c’est que j’ai peur ».

 Aujourd’hui on parle de l’intelligence émotionnelle, sur lequel le QI n’a aucun contrôle. Malheureusement, un enfant peut être « intelligent », sauter de classe et en même temps faire une dépression, penser au suicide. Des médecins, des cardiologues, des ingénieurs, des personnes très réputées dans leur carrière professionnelle font des dépressions graves, se suicident car ces personnes ne savent pas gérer leurs émotions. Ainsi, depuis 1990 est apparu le terme « intelligence émotionnelle ». On a découvert qu’une personne très simple, qui n’a pas beaucoup de science, mais qui sait gérer ses émotions sera plus heureuse que celle qui a beaucoup de science, a un bon travail qui génère un gros revenu mais qui ne sait pas gérer ses émotions.

Nous devons ainsi apprendre à gérer nos émotions et l’enseigner à nos enfants.

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Tu es libre de recevoir gratuitement le livre

 "Devenir une maman organisée en 10 étapes"