Parler une seconde langue à son enfant

Même si ce n’est pas le cas en France, dans la majorité des pays, les enfants grandissent avec deux langues. C’est quelque chose de tout à fait naturel, qui ne perturbe pas l’évolution de l’enfant et qui, au contraire, présente de nombreux avantages.

Fausses croyances sur les enfants bilingues


Ils connaissent moins de mots que les enfants monolingues

Les bébés bilingues partagent leur temps entre deux langues et entendent donc en moyenne moins de mots dans chacune d’elles. Cependant, les études montrent systématiquement que les enfants bilingues ne sont pas à la traîne lorsque les deux langues sont pris en considération. Le nombre de mots acquis dans les deux langues se révèle égal ou supérieur à celui des enfants monolingues.

❌Ils se trompent et mélangent les langues

Les enfants savent très bien différencier les langues. Chaque langue utilise des variations mélodiques, qui se distinguent d’une langue à une autre. C’est ainsi qu’ils reconnaissent les langues. Et ce, depuis leur naissance.

Ainsi, mélanger deux langues dans une même phrase n’est pas signe de confusion.

En fait, il s’agit d’une étape normale du développement du langage chez l’enfant. Cette attitude est d’ailleurs courante chez les enfants d’âge préscolaire, le plus souvent entre deux et quatre ans. Il s’agit d’un procédé sophistiqué d’utilisation de la langue qui permet aux enfants de combler leurs lacunes linguistiques tout en s’exprimant avec précision.

Le cerveau des bébés bilingues


De nombreuses études montrent que le cerveau des adultes bilingues est plus actif dans les domaines liés à la fonction exécutive (logique, stratégie, planification, résolution de problèmes, raisonnement et autres traits cognitifs).

De nouvelles découvertes révèlent à présent que cette différence d’activité cérébrale est évidente dès l’âge de 11 mois.

Une étude a été menée par I-LABS (Institut pour l’apprentissage et les sciences du cerveau à Washington) sur les cerveaux de bébés bilingues et monolingues.

Les chercheurs ont constaté qu’à l’âge de 11 mois, les bébés bilingues apprenaient deux langues au même rythme que les bébés qui n’apprennent une seule langue.

« Nos résultats suggèrent qu’avant même de commencer à parler, les bébés élevés dans des ménages bilingues s’exercent à des tâches liées à la fonction exécutive », a déclaré Naja Ferjan Ramirez, chercheuse scientifique et auteure principale de l’étude.

« Cela suggère que le bilinguisme façonne non seulement le développement du langage, mais aussi le développement cognitif en général », a-t-elle déclaré.

L’étude montre également que le cerveau des bébés de familles bilingues reste plus ouvert à l’apprentissage de nouvelles langues que celui des bébés de familles monolingues.

« La perception des sons chez les bébés monolingues diminue à l’âge de 11 mois environ », a déclaré Patricia Kuhl, co-auteur de I-LABS.

« Mais les bébés élevés en écoutant deux langues semblent rester « ouverts » aux sons de nouvelles langues plus longtemps que leurs pairs monolingues ; ce qui est une bonne chose” a ajouté Patricia.

Ces résultats soulignent la notion selon laquelle non seulement les très jeunes enfants sont capables d’apprendre plusieurs langues, mais que la petite enfance est le moment idéal pour commencer.

Intégrer une seconde langue à la maison


Si vous décidez de parler une seconde langue à vos enfants, le plus tôt sera le mieux, comme vous avez pu le voir juste avant. De plus, les petits non scolarisés, à l’affût d’apprentissage, sont toujours partants pour de nouvelles découvertes ! Raison de plus pour ne plus attendre…

Lorsqu’ils sont un peu plus grands, c’est moins évident, mais pas impossible. Ils ont tout d’abord besoin d’être intéressés.

La motivation de l’enfant


La motivation de l’enfant à parler une seconde langue s’apparente au lubrifiant pour les chaînes de son vélo : il facilite le déroulement des autres activités de l’éducation bilingue.

Notre logique à nous serait :

Comprendre l’utilité de quelque chose motive à agir ( dans ce cas précis, parler des avantages à parler une seconde langue ).

Mais est-ce que ça marche vraiment ?

Prenez un moment et essayez de vous rappeler la dernière fois où vous étiez motivé à accomplir quelque chose. Qu’est-ce qui a déclenché cette motivation ?

Je vous donne un exemple : Un enfant de 6 ans voit sa sœur faire des sorties en vélo. Il veut lui aussi s’amuser comme elle. Résultat : En 2 jours, il a appris à monter au vélo.

C’est l’émotion qui a créé en lui la motivation.

La nouvelle logique est donc :

C’est l’expérience émotionnelle qui amène la motivation et qui incite à passer à l’action (et non la connaissance)

Exemples simples :

  • La plupart des fumeurs sont au courant des méfaits du tabac, mais continuent de fumer.
  • Les gens sont conscients que l’excès de poids peut causer des problèmes de santé, mais ne modifient ni leur régime alimentaire ni leur activité physique.

Alors, comment motiver notre enfant à parler une autre langue ?


Regardez le côté pratique et recherchez une émotion ou un sentiment qui peut potentiellement motiver votre enfant à parler cette langue.

La Joie

Demandez-vous : qu’est-ce que votre enfant aime faire le plus ? Donnez-lui la possibilité de faire son activité préférée dans cette nouvelle langue.

Intégrez cette langue à des moments de joie de votre enfant, il sera motivé pour continuer.

Les Félicitations

Célébrez les petites victoires : nouveau mot appris, nouvelle phrase prononcée, etc.

Le jeu et La Compétition

Les enfants ont l’esprit de compétition. Ils aiment les devinettes, les challenges et jeux. Utilisez cela pour les faire apprendre de nouveaux mots.

Ne pas abandonner

Malheureusement, la motivation s’épuise. C’est un fait. Comme les salles de sport qui sont remplies en début d’année (résolutions du nouvel An) et qui se dévident 3 mois plus tard!

N’abandonnez pas si vous ou votre enfant ne se sent plus motivé. Cherchez simplement de nouvelles opportunités pour parler la langue.

Le but n’est pas qu’il maitrise à la perfection les deux langues, ce serait vous mettre une pression inutile. Pensez que vous leur apportez une richesse linguistique supplémentaire, qui ne leur sera que bénéfique…

PS : Pour celles qui ne le savent pas, je me suis lancé un challenge qui se termine dans 4 mois : Parler couramment anglais avec mes enfants en un an.

Lorsqu’il sera achevé, je vous en ferai un bilan complet : ai-je réussi, quelles ont été mes galères et quelle méthodes ont fonctionné (ou pas). A bientôt !

 

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